En me promenant à pied dans la campagne du Nordeste brésilien, je prends le temps de la rencontre. Je cherche à fixer une double étrangeté: celle de mon regard d’étranger sur des personnes inconnues il y a peu, et celle du regard qui m’est rendu. Cette approche permet de s’imprégner lentement, et de devenir le spectacteur incongru d’un quotidien qu’il m’est donné de voir.
Agua Fria, Bahia, Brésil Juin 2001
DEB0096607x © Bastien Defives
Souvent, dans les bars qui bordent la route en terre, il n’y a pas de frigo. On y vend de l’huile, du pop corn en sachet…On y sert de la cachaça, alcool de canne à sucre, dans laquelle massèrent des plantes ; ou un reste de liqueur de la St Jean. À mon départ, impossible de régler ma consommation. Un étranger, ça ne se voit pas tous les jours, et ça s’invite. Agua Fria, Bahia, Brésil
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La saison des pluies dure 2 à 3 mois, dans le sertão. On prie pour que São Pedro envoie assez d’eau pour que le maïs, le manioc, les haricots… puissent donner, et que les récoltes ne sèchent pas sur pied. L’eau récoltée du toit devra ensuite suffire pour le reste de l’année. Agua Fria, Bahia, Brési
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Aujourd’hui, une femme du village a cueilli le maïs de son champ. La nouvelle se sait vite, et l’on envoie les enfants avec quelques pièces pour acheter des épis. Le pop-corn est vite fait. La friandise est offerte aux enfants qui passent. Peut-être que moins l’on possède, et plus l’on connaît la valeur du partage? França, Jequia, Alagoas, Brésil
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La petite pièce sent la maladie. Sa hanche la fait souffrir, mais elle met un point d’honneur à se relever et à s’asseoir seule, sur les banderoles électorales qui lui servent de drap. Récemment opérée, elle continue sa lutte pour la vie, car ‘Dieu ne l’a pas encore rappelée’. Au moment de partir, c’est elle qui me demande de la prendre en photo. Pão de Açucar, Alagoas, Brésil
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Le père d’Aberaldo est assis dans son fauteuil sur la terrasse lorsque nous arrivons, après une heure de marche sous un violent soleil. Quand il apprend que je suis français, il se lève et m’offre sa place. Je suis gêné, je ne m’assois pas. Nous parlons debout. Puis, il m’invite à entrer, et m’offre un verre d’eau, gardée fraîche dans une grosse cruche en terre. Ilha do Ferro, Alagoas, Brésil
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José a 16 ans. Il est pêcheur dans la lagune. Son père travaille pour un salaire de misère dans les immenses champs de cannes à sucre aux feuilles coupantes comme des lames, et qui couvrent la zone côtière (par ici, il pleut). José rêve de partir à la ville, Penedo, ou même Maceió. J’essaye de le persuader qu’il vaut mieux savoir lire et écrire pour se lancer dans une telle aventure. Mais l’école ne l’intéresse pas. França, Jequia, Alagoas, Brésil
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Le São Francisco est le plus grand fleuve brésilien. Il traverse le sertão. En dessous des grands barrages, le poisson se fait de plus en plus rare. Vivre de la pêche est devenu très difficile.
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Il y a 2 terrains de foot dans le village. L’un, couvert de gazon, aux dimensions réglementaires, ne sert que pour les matchs entre villages, et les entraînements ‘officiels’. On n’y joue pas sans chaussures. L’autre est aménagé dans un champ de cocotiers. Pas facile de rester attentif au ballon, aux autres joueurs et aux arbres. França, Jequia, Alagoas, Brésil
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Au menu, de la farine de manioc et des œufs savoureux, poussés par un verre de cachaça. J’avais faim, il n’y a plus rien pour le chien. Agua Fria, Bahia, Brésil
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